SGHB

Schweizerische Gesellschaft für historische Bergbauforschung


Minaria Helvetica

Zeitschrift der Schweizerischen Gesellschaft für Historische Bergbauforschung
Bulletin de la Société Suisse d'Histoire des Mines
Bollettino della Società Svizzera di Storia delle Miniere

 

Inhaltsverzeichnis Minaria Nr 20b/2000
Table des matières Nr 20b/2000

  • Christian Filet
    Association des Amis de la Forge de Montagney : AAFoM.
    Association pour la sauvegarde, l’étude et la valorisation de la Forge et du patrimoine minier de Montagney
  • Annie Mouillet
    Devenir propriétaire... du haut fourneau de la forge de Montagney
  • Denis Morin et Patrick Rosenthal
    Les ressources minières du haut fourneau de Montagney. Gîtes minéraux et exploitations minières
  • Hélène Morin-Hamon
    La préparation des minerais de fer d’altération à Montagney. Le patouillet, machine hydraulique à débourber
  • Michel Philippe
    L’établissement sidérurgique de Montagney (Doubs), du 17e au 19e siècle
  • Claude Canard et Vincent Serneels
    Quelques chiffres concernant le haut fourneau de Montagney en 1833
  • Denis Morin
    Permanence et mutations d’un espace sidérurgique. Le haut fourneau de Montagney XVIIe–XIXe siècle (Doubs)
  • Philippe Fluzin
    Etudes métallographiques préliminaires concernant les vestiges sidérurgiques du site de Montagney
  • Christiane Claerr-Roussel
    Le procédé comtois d’affinage du fer1 : naissance et mise en place de nouvelles structures de travail au XVIIIe siècle
  • Daniel Curtit
    De la montagne sous-vosgienne à la basse vallée de l’Ognon. Remarques buissonnières sur l’environnement proto-industriel de Montagney (XIXe siècle)
  • Marie-Jeanne Giet
    La forge de Montagney : Un modèle d’architecture industrielle
  • Louis Ucciani
    Charles Fourier ou les prémisses d’un monde à venir
  • Jean-Claude Dubos
    Deux femmes de lettres comtoises nées aux forges de Montagney : Clarisse Vigoureux (1789–1865) et Clarisse Coignet (1823–1918)
  • Pierre Sonet
    La métallurgie du fer dans le bassin de l’Ognon et la fabrication des fourneaux comtois en fonte
  • André Buffard
    Que reste-t-il de la métallurgie dans notre région ?


Christian Filet
Association des Amis de la Forge de Montagney : AAFoM. Association pour la sauvegarde, l’étude et la valorisation de la Forge et du patrimoine minier de Montagney


Résumé

L’AAFoM se donne pour but l’étude, la sauvegarde et la valorisation du site de la Forge de Montagney et en particulier l’ancien haut fourneau. Cet ensemble a fait l’objet d’une inscription à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques en 1998 et la procédure de classement est en cours.

Zusammenfassung
Die Vereinigung der Freunde von La Forge de Montagney (AAFoM) hat sich die Erhaltung, Erforschung und Erschliessung des Eisenwerkstandortes und des Montanerbguts in Montagney zum Ziel gesetzt, insbesondere des alten Hochofens. Diese Gebäudegruppe wurde 1998 in das Zusatz-Inventar der Historischen Monumente aufgenommen, und die Klassierung ist im Gang.

Riassunto
L’AAFoM ha per scopo la salvaguardia e la valorizzazione il sito della della forgia di Montagney e dell’antico altoforno. Questi oggetti, attualmente allo studio, sono stati inseriti nel 1998 nell’Inventario Supplementare dei Monumenti Storici.

Historique
En l’absence de documents d’archives, il est difficile de fixer la date exacte de construction du haut fourneau et de la forge de Montagney. Mais il est vraisemblable que leur création date du dernier quart du XVIIe siècle, qui vit une floraison d’établissements sidérurgiques dans le val de l’Ognon.
Après la conquête de la Franche-Comté par les troupes françaises (1674), la politique belliqueuse de Louis XIV ne peut qu’encourager la prospérité des établissements qui assurent l’approvisionnement en munitions de guerre de ses armées. Et Montagney, qui fabrique notamment des boulets de canon, reçoit en 1689 l’autorisation officielle de fonctionnement prescrite par les ordonnances de Colbert.
Cette même année 1689 la seigneurie de Rougemont, dont dépend la Forge, passe dans la famille de LA BAUME-MONTREVEL par le mariage de Marie-Françoise de POITIERS avec le marquis Charles-Antoine de LA BAUME.
En 1710, l’usine comporte, outre le haut fourneau, une forge d’affinage, un martinet, deux patouillets pour le lavage du minerai, une halle à charbon de bois et divers bâtiments annexes: magasins et logements des ouvriers, ainsi qu’une écluse et un pont. Cinq roues hydrauliques assurent le fonctionnement de l’ensemble.
En 1748 Montagney, réputé pour sa fabrication de munitions, livrera aux arsenaux de Louis XV plus de 14 000 boulets de canon de 5 calibres différents.
En 1789, à la veille de la Révolution, la Forge est dirigée par Nicolas GAUTHIER, fondateur d’une des plus célèbres familles de maîtres de forge comtois, dont un des fils, Joseph, sera surnommé « le Napoléon des Forges «. C’est à Montagney, dans l’ancien pavillon de chasse des CHOISEUL LA BAUME, devenu résidence du maître de forge, que naît, le 11 juin 1789, Claire-Charlotte-Dorothée, dite Clarisse, qui épousera le marchand drapier bisontin François VIGOUREUX et sera la première disciple féminine du père des phalanstères Charles FOURIER. Belle-mère et collaboratrice de Victor CONSIDERANT, chef de l’école fouriériste à partir de 1837, elle accompagnera son gendre et sa fille au Texas où ils fonderont, en 1854, le phalanstère « La Réunion « sur les bords de la Red River. Après l’échec de cette expérience, CONSIDERANT s’installe à l’ancienne mission espagnole de la Conception près de San Antonio où Clarisse meurt le 13 janvier 1865.
En 1808 le marquis de GRAMMONT achète l’usine de Montagney, dont le haut fourneau est arrêté depuis plusieurs années. Il reconstruit l’ensemble des bâtiments et avec les pierres provenant des ruines du château de Rougemont, il refait également le barrage qui devient le plus haut de l’Ognon avec 2 m 80.
En août 1820 l’ensemble est amodié à Joseph GAUTHIER, « le Napoléon des Forges « qui rallume le haut fourneau. Montagney compte alors 7 roues hydrauliques, un haut fourneau, un patouillet, un feu d’affinerie, un marteau à drome, un four à recuire à chaleur perdue et cinq bobines de tréfilerie. Le minerai provient de petites minières à ciel ouvert exploitées dans les villages environnants (Bouhans, Cognières...). L’une de ces exploitations est visible non loin de la Forge sur le revers de la côte. Mais le haut fourneau utilise surtout le minerai oolithique en roche qui est extrait des mines de Rougemontot et de Rognon.
En 1836 Montagney expérimente l’emploi de bois vert dans son haut fourneau. Le résultat étant décevant, on récupère alors la chaleur perdue du fourneau pour assurer le séchage du bois vert et ce bois desséché est ensuite mélangé au charbon de bois pour l’affinage de la fonte.
En 1840 à son apogée, l’usine de Montagney emploie 84 ouvriers, qui viennent de Montagney mais aussi de Cognières, de Montferney et des villages voisins. Avec les femmes et les enfants ainsi que les emplois annexes (rouliers qui transportent le charbon, le minerai et les produits finis) ce sont sans doute plus de 300 personnes qui vivent alors de la Forge.
Le déclin commence en 1842 en raison de difficultés d’approvisionnement en combustible (charbon de bois) et la forge de Montagney, amodiée entre temps aux frères DUCHON, cesse son activité en 1850. Devenue propriété de la famille de MERODE, qui la possédera jusqu’en 1934, elle est reconvertie en moulin en 1854.
Enfin, en 1921, les frères PETITJEAN du moulin de la Rouchotte à Thiéffrans, installent une usine électrique à l’ancienne forge et, en 1922, le courant est distribué depuis Montagney à 25 communes sur les deux rives de l’Ognon. Cette usine hydroélectrique sera rachetée par la Société des Houillères de Ronchamp en 1947, à la veille de la nationalisation et de la création d’EDF (Electricité de France).

Geschichtliches
Weil urkundliche Belege fehlen, ist es schwierig, den Bau des Hochofens und des Eisenwerkes in Montagney genau zu datieren. Sie könnten jedoch am Ende des 17. Jahrhunderts entstanden sein, in einer Zeit, in der im Ognon-Tal Gründungen zahlreicher Eisenwerke belegt sind. Nach Eroberung der Freigrafschaft (Franche-Comté) durch die französischen Truppen (1674) trägt die Kriegspolitik Ludwig XIV. zum Aufblühen der Werke beitragen, die für seine Armeen Munition herstellen. So erhält auch Montagney, das unter anderem Kanonenkugeln produziert, im Jahre 1689 die entsprechend Colbert’s Verordnungen nötige offizielle Betriebserlaubnis. Im gleichen Jahr geht die Herrschaft Rotenberg (Rougemont), in der das Werk liegt, durch Heirat von Marie-Françoise de Poitiers mit dem Marquis Charles-Antoine de La Baume in die Hände der Familie La Baume-Montrevel über.
1710 besteht das Werk aus Hochofen, Frischofen, Hammer, zwei Erzläuterwerken, einer Holzkohlenscheune und verschiedenen Nebengebäuden, wie Magazinen und Unterkünften für die Arbeiter, einschliesslich des Stauwerks und der Brücke. Fünf Wasserräder versorgen die gesamte Anlage mit Antriebskraft.
1748 beliefert das für seine Munitionserzeugnisse wohl bekannte Montagney die Arsenale Ludwig XV. mit über 14’000 Kanonenkugeln in fünf verschiedenen Kalibern. 1789, kurz vor der Revolution, wird das Hüttenwerk durch Nicolas Gauthier geleitet. Er ist der Ahnherr einer der berühmtesten freigrafschaftlichen Hüttenmeisterfamilien. Einer seine Söhne, Joseph, wird sich unter dem Spitznamen «Napoleon der Hüttenwerke» verdient machen.
In Montagney, im früheren Jagdschlösschen «Choiseul La Baume», das den Hüttenmeistern als Behausung dient, kommt am 11. Juni 1789 Claire-Charlotte-Dorothée, genannt Clarisse, zur Welt, die später den Tuchhändler François Vigoureux aus Besançon heiratet. Sie wird zur ersten weiblichen Anhängerin des Gründers der Phalanstèren, Charles Fourier. Als Schwiegermutter und Mitarbeiterin von Viktor Considerant, Leiter der Fourieristischen Schule ab 1837, begleitet sie ihren Schwager und ihre Tochter nach Texas, wo sie 1854 die Phalanstère «La Réunion» auf dem Ufer der Red River gründen. Nach dem Misslingen dieses Unternehmens lässt sich Considerant in der ehemaligen spanischen Mission «Concepcion» bei San Antonio nieder, wo Clarisse am 13. Januar 1865 stirbt.
1808 erwirbt der Marquis de Grammont das Werk von Montagney, dessen Hochofen schon seit einigen Jahren nicht mehr betrieben wird. Er baut sämtliche Gebäude um und errichtet mit den Steinen der Schlossruine von Rougemont das mit 2,80 m höchste Wehr des Ognon-Tales.
Im August 1820 wird der Fabrikkomplex an Joseph Gauthier, «Napoleon der Hüttenwerke», verpachtet, der den Hochofen wieder in Betrieb setzt. Montagney zählt jetzt 7 Wasserräder, einen Hochofen, ein Erzläuterwerk, ein Frischfeuer, ein Hammerwerk, einen Glühofen und 5 Drahthaspeln. Das Erz wird durch kleine Tagebaue in den benachbarten Ortschaften (Bouhans, Cognières, usw.) gewonnen. Einer dieser Tagebaue ist heute noch, nahe beim Eisenwerk, am Berghang sichtbar.
Der Hochofen verbraucht aber hauptsächlich oolithischen Eisenstein, der in den Gruben von Rougemontot und Rognon gewonnen wird.
1836 erprobt Montagney das Verheizen von Grünholz in seinem Hochofen. Da das Ergebnis enttäuschend ist. In der Folge wird die Abhitze des Ofens zum Austrocknen von Grünholz gebraucht, das dann vermischt mit Holzkohle zum Frischen des Roheisens gebraucht wird.
Im Jahre 1840 erreicht Montagney seinen Höhepunkt mit 84 Arbeitern, die aus Montagney, aber auch aus Cognières, Montferney und deren Nachbardörfern stammen. Wenn man die Frauen und Kinder, sowie die «verwandten» Beschäftigten wie Fuhrleute für Holzkohle, für Erz und Werkerzeugnisse hinzuzählt, dürften gut 300 Personen ihren Erwerb aus dem Eisenwerk beziehen.
Der Niedergang beginnt 1842 mit den Schwierigkeiten, Brennmaterial (Holzkohle) zu besorgen, und das Werk, das zwischenzeitlich den Brüdern Duchon verpachtet worden ist, stellt 1850 alle Tätigkeit ein. Es bleibt bis 1934 im Besitz der Familie de Merode, die es bereits 1854 in eine Mühle umgebaut hat.
Schliesslich bauen die Brüder Petitjean, Besitzer der Rouchotte-Mühle in Thiéffrans im Jahre 1921 ein Elektrizitätswerk in die alte Hütte ein, und ab 1922 wird der Strom ab Montagney an 25 Gemeinden längs des Ognon-Tales verteilt. Dieses Wasserkraftwerk wird 1947 von der Société des Houillères de Ronchamp aufgekauft, kurz vor der Nationalisierung und der Gründung der EDF (Electricité de France).

Storia
L’assenza di documentazione storica non consente di stabilire con certezza la data di costruzione dell’alto forno e della forgia di Montagney, ma è verosimile che sia avvenuta nell’ultimo ventennio del XXVII secolo, caratterizzato da una grande fioritura di stabilimenti siderurgici nella Valle dell’Olon.
Dopo la conquista della Franca Contea da parte delle truppe francesi (1674), la politica bellica di Luigi XIV favorisce la prosperità degli stabilimenti che garantiscono l’approvvigionamento di munizioni da guerra alle sue armate. Montagney, che fabbrica specialmente palle da cannone, riceve nel 1689 l’autorizzazione ufficiale di funzionamento prescritta dall’ordinanza di Colbert. Lo stesso anno la signoria di Rougemont, dalla quale dipende la forgia, passa alla famiglia dei La Baume-Montrevel a seguito del matrimonio de Marie-Françoise de Poitiers con il marchese Charles-Antoine de La Baume. Nel 1710 lo stabilimento comprende, oltre all’altoforno, una forgia di affinamento, un maglio, due macchine per pulire il minerale dalla ganga argillosa («patouillets»), un deposito per il carbone di legna e diversi edifici annessi: magazzini e alloggi per gli operai, oltre ad una chiusa e un ponte. Cinque ruote idrauliche assicurano l’energia meccanica per il funzionamento del complesso. Nel 1748 Montagney, conosciuto per la sua produzione di munizione, consegna agli arsenali di Luigi XV oltre 14’000 palle di cannone con 5 calibri differenti.
Nel 1789 alla vigilia della Rivoluzione, la forgia è diretta da Nicolas Gauthier, fondatore di una delle più celebri famiglie di mastri forgiatori della Franca Contea e padre di Joseph, che sarà soprannominato «Napoleone delle forge». E’ a Montagney, nell’antico padiglione di caccia dei Choiseul La Baume divenuto residenza dei mastri di forgia, che nasce, l’11 giugno 1789, Claire-Charlotte-Dorothée, detta Clarisse, che sposerà il marchese François Vigoureux e sarà il primo discepolo femminile del padre dei «falansteriani» Charles Fourier. Suocera e collaboratrice di Victor Considerant, capo della scuola di pensiero di Fourier a partire dal 1837, Clarisse accompagnerà suo genero e sua figlia in Texas dove fonderà, nel 1854, il falansterio «La Réunion» sui bordi del Red River. Dopo il fallimento di questa esperienza, Considerant s’installa nell’antica missione spagnola della Conception vicino a San Antonio dove Clarisse muore il 13 gennaio 1865. Nel 1808 il marchese di Grammont acquista l’officina di Montagney, il cui altoforno è spento da molti anni, ricostruisce gli edifici con le pietre provenienti dalle rovine del castello di Rougemont e la diga che, con i suoi 2.80 m, diventa la più alta dell’Ognon.
Nell’agosto del 1820 il complesso è affittato a Joseph Gauthier, Il «Napoleone delle forge» che riaccende l’altoforno. Montagney conta a quel momento sette ruote idrauliche, un altoforno, una macchina per pulire il minerale dalla ganga argillosa («patouillets»), un fuoco d’affinaggio, un maglio, un forno per la ricottura e cinque bobine di trafileria. Il minerale proviene in parte da piccole miniere a cielo aperto coltivate nei villaggi vicini (Bouhans, Cognières…), una delle quali si trova poco lontana dalla forgia. Tuttavia l’altoforno impiega soprattutto minerale oolitico, estratto dalle miniere di Rougemontot e Rognon.
Nel 1836 a Montagney si sperimenta l’uso del legno verde nel suo altoforno. Visti i risultati deludenti, si ricupera allora il calore perso dal forno per assicurare l’essicazione della legna, successivamente mescolata con carbone di legna per l’affinamento della ghisa.
Nel 1840 al suo apogeo, l’officina di Montagney impiega 84 operai che provengono da Montagney, da Cognières, da Montferney e dai villaggi vicini. Assieme alle mogli ed ai bambini così come gli operai annessi (carrettieri che trasportano il carbone, il minerale e i prodotti finiti) ci sono almeno 300 persone che vivono grazie alla forgia.
Il declino inizia nel 1842 a seguito delle difficoltà di approvvigionamento di combustibile (carbone di legna): la forgia di Montagney, affittata nel frattempo ai fratelli Duchon, cessa la sua attività nel 1850. Diventata proprietà della famiglia Merode, che la conserva fino al 1934, la forgia è riconvertita in mulino nel 1854.
Infine, nel 1921, i fratelli Petitjean del mulino della Rouchette a Thiéffrans, installano un’officina elettrica nell’antica forgia e, nel 1922, la corrente elettrica ê distribuita da Montagney a 25 comuni sulle due sponde dell’Ognon. Questa officina idroelettrica sarà riscattata dalla Société des Houllères di Ronchamp nel 1947, alla vigilia della nazionalizzazione e della creazione dell’EDF (Electricité de France).


 

Annie Mouillet
Devenir propriétaire... du haut fourneau de la forge de Montagney


Résumé
Si l’existence du haut fourneau de Montagney a toujours été connue des propriétaires, ce n’est qu’au cours des années 1990 que des mesures de sauvegarde ont été prises afin de mettre le site en valeur.

Zusammenfassung
Obwohl die Bedeutung des Hochofen in Montagney schon immer den Eigentümern bewusst war, konnten erst in den 90er Jahren Rettungsmassnahmen ergriffen werden, um dessen Wert richtig zur Geltung zu bringen.

Riassunto
Benché l’esistenza dell’alto forno di Montagney sia sempre stata nota ai proprietari, solamente negli anni ‘90 sono state prese delle misure di salvaguardia e di valorizzazione del sito.

 

Denis Morin et Patrick Rosenthal
Les ressources minières du haut fourneau de Montagney. Gîtes minéraux et exploitations minières

Résumé
Deux grandes catégories de minerais de fer alimentaient le haut fourneau de Montagney : des minerais de fer pisolithique ou minerai «en grains» et des minerais de fer oolithique ou «en roche».
Le minerai pisolithique a donné lieu à de nombreuses exploitations par minières à ciel ouvert à la surface du plateau et dans les cavités du karst.
La mine de Fallon constitue un exemple d’exploitation karstique. Les mineurs ont vidé les remplissages sédimentaires ferrugineux qui occupaient grottes et gouffres du plateau jurassique.
Le minerai oolithique était exploité en plateures par galeries. La mine de Rougemontot fonctionna longtemps avec un mode d’abattage particulier lié au statut de la concession et à la concurrence des différents maîtres de forges propriétaires ou amodiataires du gîte.
Ce mode d’exploitation par galeries longilignes et parallèles traduit les prémices d’une exploitation par chambres et piliers.

Zusammenfassung
Der Hochofen von Montagney wurde vorwiegend mit zwei Sorten Eisenerz beliefert: pisolithische Erze oder «Bohnerze», und oolithische Erze oder «Stuferze».
Das Bohnerz wurde in zahlreichen Tagebauen des Plateaus oder aus Karsthöhlen gewonnen. Das Bergwerk zu Fallon ist ein Beispiel für einen Karstabbau. Die Bergleute gewannen die eisenhaltigen Ablagerungen aus den Gängen und Spalten der jurassischen Hochebene.
Die oolithischen Eisenerzbänke wurden durch Stollen abgebaut. Die Art der Erzgewinnung im Bergwerk von Rougemontot blieb lange Zeit eine besondere, da sie mit den Satzungen der Konzession und der Konkurrenz zwischen den verschiedenen Hüttenmeistern, denen das Erzlager gehörte oder verliehen war, zusammenhing. Diese Abbauart über parallele Längsstrecken zeigt schon die Ansätze eines echten Pfeilerbaus.

Riassunto
Due tipi di minerale di ferro alimentavano l’altoforno di Montagney: il minerale di ferro pisolitico o minerale «in grani» e il minerale di ferro oolitico o «roccioso».
Il minerale pisolitico è stato coltivato nelle numerose miniere a cielo aperto alla superficie dell’altopiano e nelle cavità carsiche come nel caso della miniera di Fallon. I minatori hanno vuotato il riempimento sedimentario ferrugginoso che colmava parzialmente le cavità e le grotte dell’altipiano del Giura.
Il minerale oolitico è stato estratto in sotterraneo per mezzo di gallerie, come nella miniera di Rougemontot che fu coltivata a lungo per mezzo di un particolare metodo di scavo, legato al tipo di concessione e alla concorrenza di differenti mastri di forgia proprietari o affittuari del giacimento. Questo sistema di sfruttamento mediante lunghe gallerie parallele, anticipò la coltivazione per mezzo di camere sorrette da pilastri.


Hélène Morin-Hamon
La préparation des minerais de fer d’altération à Montagney. Le patouillet, machine hydraulique à débourber

Résumé
Pour alimenter le haut fourneau de Montagney, les maîtres de forges utilisaient, entre autres, les minerais pisolithiques plio-pléistocènes, minerais de fer en grains dans une gangue argileuse ou sableuse et présents en abondance à la surface du sol sur le plateau environnant.
Traité dans des lavoirs mobiles situés à proximité des minières, le minerai était aussi débourbé dans des patouillets utilisant l’énergie hydraulique sur le site même de l’usine.
Le patouillet, machine à débourber les minerais pisolithiques semble être originaire de l’Est de la France. Les descriptions de cet appareil abondent dans les sources et en particulier dans les rapports des Intendants du Royaume dès le début du XVIIe siècle. Le patouillet va se transformer progressivement avec le remplacement de la force hydraulique par l’énergie animale et enfin par la vapeur. La Franche-Comté a bénéficié de nombreuses innovations dans ce domaine.
L’atelier de préparation mécanique de Montagney comptait trois patouillets à énergie hydraulique, installés dans l’enceinte de l’usine ce qui permettait de contrôler la qualité de la production.

Zusammenfassung
Die Aufbereitung der oxydischen Eisenerze in Montagney. Das Erzläuterwerk («patouillet»), eine hydraulische Entschlämmungsmaschine.
Die Hüttenmeister von Montagney gebrauchten zum Beschicken ihres Hochofens unter Anderem plio-pleistozäne Bohnerze, also Eisenerze die als rundliche «Körner» im lehmigen oder sandigen Material der umgebenden Hochebene weitverbreitet waren.
Falls das Bohnerz nicht in beweglichen Waschanlagen in nächster Nähe der Tagebaue verarbeitet werden konnte, schickte man es zum Hüttenwerk selber, wo es mit Wasserkraft in einem Erzläuterwerk entschlämmt wurde. Das Erzläuterwerk, eine Maschine zum Entschlämmen von Bohnerzen, scheint im Osten Frankreichs entwickelt worden zu sein. Die Beschreibungen solcher Apparate häufen sich in den Quellen und unter anderem in den Berichten der königlichen Intendanten ab Beginn des 17. Jahrhunderts. Das Erzläuterwerk wird allmählich verbessert, indem die anfängliche Wasserkraft durch tierische und endlich durch Dampfkraft ersetzt wird. In der Freigrafschaft wurden diesbezüglich zahlreiche Verbesserungen eingeführt. Die mechanische Aufbereitungsanlage von Montagney bestand aus 3 mit Wasserkraft getriebenen Läuterwerken, die so im Werksareal eingefügt waren, dass die Qualität ihrer Produktion laufend kontrollierbar war.

Riassunto
Per l’alimentazione dell’alto forno di Montagney, i maestri fonditori impiegavano fra l’altro, il minerale pisolitico di età plio-pleistocenica costituito da grani ricchi di ferro inclusi in una ganga argillo-sabbiosa, presente in abbondanza nell’altipiano circostante. Il minerale, trattato nelle laverie mobili poste in prossimità delle miniere, veniva liberato dal fango mediante le cosiddette «patouillets» che utilizzavano l’energia idraulica dello stabilimento. La «patouillets» era una macchina che serviva per separare il minerale pisolitico dalla ganga fangosa, e probabilmente era originaria della Francia orientale. Le descrizioni di questo apparato abbondano nella documentazione e soprattutto nei rapporti degli intendenti del Regno fin dall’inizio del XVII secolo. La macchina si trasforma progressivamente con la sostituzione della forza idraulica con l’energia animale e infine con il vapore. La Franca-Contea ha beneficiato di numerose innovazioni in questo campo. Il laboratorio di trattamento meccanico del minerale di Montagney comprendeva tre «patouillets» azionate idraulicamente, installate nel perimetro dell’officina in modo da consentire il controllo della qualità della produzione.


Michel Philippe
L’établissement sidérurgique de Montagney (Doubs), du 17e au 19e siècle

Résumé
Une série de documents, datés entre 1689 et 1947 permettent de retracer l’histoire de la forge de Montagney, celle de ses propriétaires et exploitants successifs et de suivre l’évolution du bâti. Au XVIIIe siècle, sous l’Ancien Régime, la production de boulets de canon en fonte pour les armées du roi de France est importante. Pendant la Révolution, l’entreprise continue à fournir des munitions. Pendant la première moitié du XIXe siècle, l’usine fonctionne toujours après avoir été rénovée complètement. En quête d’une meilleure rentabilité, les maîtres de forge tenteront différentes innovations techniques. La production s’oriente vers la fabrication de fil de fer. En 1850, la forge est reconvertie en moulin.

Zusammenfassung
Dank zahlreicher Dokumente aus den Jahren 1689 bis 1947 ist es möglich, die Geschichte des Hüttenwerkes Montagney (Doubs), diejeweiligen Besitzer und Inhaber, und die Entwicklung der Bauphasen zu verfolgen. Im 18. Jahrhundert werden Kanonenkugeln für die Heere des Königs von Frankreich hergestellt. Auch während der Revolution produziert das Werk Munition. In der ersten Hälfte des 19. Jahrhundert wird das Werk nach einer umfassenden Umstellung weiterhin betrieben. Auf der Suche nach erhöhter Wirtschaftlichkeit versuchen die Hüttenmeister verschiedene Innovationen einzuführen. So wird jetzt auch Eisendraht erzeugt. Nach 1850 wird aus dem Hüttenwerk eine Mühle.

Riassunto
Una serie di documenti datati fra il 1689 e il 1947 consentono di tracciare la storia della forgia di Montagney, quella dei loro proprietari e dei successivi gestori, e di seguire l’evoluzione della costruzione. Nel XVIII secolo, sotto l’Ancien Règime, la produzione di palle da cannone in ghisa per le armate del Re di Francia è importante, ma anche durante la Rivoluzione l’impresa continua a fornire munizioni. Nella prima metà del XIX secolo, l’officina continua a funzionare dopo essere stata completamente rinnovata. Nell’ottica di un migliore rendimento, i mastri di forgia tentano diverse innovazioni tecniche e la produzione si orienta verso la fabbricazione del filo di ferro. Nel 1850 la forgia viene riconvertita in mulino.

 

Claude Canard et Vincent Serneels
Quelques chiffres concernant le haut fourneau de Montagney en 1833

Résumé
Georges Dufaud visita l’établissement métallurgique de Montagney en 1833. Il laisse une description assez longue des installations : haut fourneau, soufflerie, affinerie et tréfilerie. Il donne aussi des indications chiffrées concernant la production de fonte (100 t par mois), de barres de fer (dimensions) et de fil de fer (75 t par mois) ainsi que sur la consommation de charbon de bois.

Zusammenfassung
1833 besucht Georges Dufaud das Eisenwerk Montagney. Er hinterlässt eine ziemlich ausgiebige Beschreibung der Einrichtungen: Hochofen, Gebläse, Frischfeuer und Drahtziehwerk. Dazu kommen auch Zahlenangaben zur Produktion von Gusseisen (100 Tonnen im Monat), von Eisenstangen (Ausmasse) und Eisendraht (75 Tonnen im Monat), sowie über den Holzkohleverbrauch.

Riassunto
Georges Dufaud visita lo stabilimento metallurgico di Montagney nel 1833, lasciando una lunga descrizione delle installazioni: altoforno, soffieria, reparto di affinazione e trafileria. Fornisce pure delle indicazioni numeriche concernenti la produzione di ghisa (100 t mensili), di barre di ferro (dimensioni) e di filo di ferro (75 t mensili) così come sul consumo di carbone di legna.


Denis Morin
Permanence et mutations d’un espace sidérurgique. Le haut fourneau de Montagney XVIIe–XIXe siècle (Doubs)

Résumé
La forge de Montagney fait l’objet d’une opération de valorisation et de suivi archéologique depuis 1997. Plusieurs chantiers ont permis de désencombrer le rez-de-chaussée du bâtiment des ouvriers contigu au haut fourneau. Les parties fonctionnelles du haut fourneau sont désormais accessibles. L’entreprise était initialement spécialisée dans la fabrication de munitions. Par la suite, la maçonnerie du haut fourneau a subi une série de réaménagements et de réparations. Ces mutations liées en grande partie à la pénurie de charbon de bois, sont visibles dans l’architecture et dans le détail des structures en élévation. Les modifications subies sont principalement liées à une meilleure efficacité du système de ventilation : installation d’une soufflerie par pistons et récupération d’air chaud, d’une part, et dans l’amélioration des conditions de travail : évacuation des fumées, ventilation des ateliers, manipulation des gueuses et de la fonte en fusion.
L’architecture et les structures identifiées à Montagney révèlent les dispositifs techniques mis en place par les maîtres de forge pour optimiser la production de fonte à partir d’un fourneau conservant jusque dans sa disposition l’architecture des hauts fourneaux du XVIIe siècle représenté dans l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert.

Zusammenfassung
Seit 1997 wird dem Hüttenwerk Montagney wieder vermehrt Beachtung geschenkt und es wird archäologisch erforscht. In mehreren Grabungskampagnen werden der Hochofen und das gesamte Erdgeschoss der Arbeiterwohnung untersucht. Die Funktionsteile des Hochofens sind nun zugänglich. Das Hüttenwerk war ursprünglich auf die Munitionsherstellung spezialisiert. Danach wurde das Mauerwerk des Hochofens mehrmals umgebaut und repariert. Diese Änderungen, die grösstenteils im Zusammenhang mit Holzkohlemangel stehen, können in der Architektur und am erhaltenen Mauerwerk abgelesen werden. Die Anpassungen dienten einerseits einer besseren Belüftung – Einbau eines Kolbengebläses und einer Heissluftabnahme –, andererseits der Verbesserung der Arbeitsbedingungen – Rauchabfuhr, Belüftung der Werkstätten, Manipulieren der Masseln und des abgestochenen Gusseisens.
Die in Montagney nachweisbaren Strukturen bezeugen die technischen Kniffe, mit denen die Hüttenmeister die Gusseisenproduktion zu optimieren suchten, ohne Grundlegendes an der Ausstattung des Ofens zu ändern. Im Wesentlichen entspricht er dem im 18. Jahrhundert in der Enzyklopädie Diderot und d’Alembert abgebildeten Hochofen.

Riassunto
La forgia di Montagney è stata oggetto di un intervento di valorizzazione e di ricerca archeologica a partire dal 1997. Numerosi cantieri hanno consentito di sgomberare il piano terreno della costruzione e le opere contigue all’altoforno, le cui parti funzionali sono attualmente accessibili.
L’impresa era inizialmente specializzata nella fabbricazione di munizioni. In seguito la muratura dell’altoforno ha subito una serie di modifiche e di riparazioni. Questi cambiamenti, dipesi in gran parte dalla penuria di carbone di legna, sono riconoscibili nell’architettura e nei dettagli delle strutture d’elevazione. Le modifiche subite servivano principalmente al miglioramento del sistema di ventilazione mediante l’installazione di una soffieria a pistoni e il recupero di aria calda. Inoltre sono state migliorate le condizioni di lavoro mediante l’allontanamento dei fumi, la ventilazione delle officine e l’introduzione di migliorie alla manipolazione della ghisa fusa.
L’architettura e le strutture identificate a Montagney evidenziano le soluzioni tecniche adottate dai maestri di forgia per ottimizzare la produzione di ghisa a partire da un forno che conserva tutte le caratteristiche degli altiforni del XVII secolo rappresentati nell’enciclopedia di Diderot e d’Alembert.


 

Philippe Fluzin
Etudes métallographiques préliminaires concernant les vestiges sidérurgiques du site de Montagney

Résumé
Nous présentons dans cet article les premières études métallographiques concernants trois objets du site de Montagney ; un boulet de fonte, une calotte et une barre en cours de forgeage.
Contrairement à la réduction directe où nous avons maintenant une expérience archéométrique importante, nous abordons avec ce site, selon le même protocole, la détermination des critères métallographiques devant nous permettre d’évaluer les différents étapes de la chaîne opératoire spécifique à cette filière (indirecte). Les premiers résultats obtenus sont à cet égard particulièrement intéressants.

Zusammenfassung
Hier werden die ersten metallographischen Untersuchungen über 3 Objekte aus dem Hüttenwerk Montagney vorgestellt: eine gusseiserne Kanonenkugel, eine Kalotte und eine halbfertige geschmiedete Stange. Wir besitzen heute über das direkte Reduzierungsverfahren bei der Eisenerzeugung eine grosse archäometrische Erfahrung. Hier werden nun entsprechend dem gleichen Protokoll die metallographischen Kriterien festgesetzt, die es uns erlauben, verschiedene Vorgänge bei der indirekten Eisenerzeugung zu erkennen. Schon diese vorläufigen Ergebnisse sind aufschlussreich.

Riassunto
In questo articolo presentiamo i primi studi metallografici concernenti tre oggetti del sito di Montagney: una palla in ghisa, una calotta e una barra in fase di forgiatura. Contrariamente alla riduzione diretta, di cui possediamo un’importante esperienza archeometrica, in questo sito studiamo, applicando il medesimo protocollo, la determinazione dei criteri metallografici che permettono di valutare le differenti tappe della catena operativa specifica a questa filiera (indiretta). I primi risultati ottenuti sono, a questo proposito, molto interessanti.


Christiane Claerr-Roussel
Le procédé comtois d’affinage du fer1 : naissance et mise en place de nouvelles structures de travail au XVIIIe siècle

Résumé
Le procédé comtois d’affinage du fer fut mis au point en Franche-Comté dans le courant du XVIIIe siècle. Il apparut à un moment où les économies en charbon de bois devenaient urgentes, mais également parce que le procédé wallon, utilisé précédemment, nécessitait après trois siècles d’utilisation de réelles réformes face à l’évolution économique et sociale des forges.
S’il eut un tel succès en France et à l’étranger (Suède et Russie notamment) dans la première moitié du XIXe siècle, c’est parce qu’il avait su proposer une méthode moderne et efficace qui répondait à une meilleure gestion des entreprises sidérurgiques à un moment donné de leur histoire.

Zusammenfassung
Im 18. Jahrhundert wurde in der Freigrafschaft ein Eisenfrischverfahren entwickelt. Denn es war damals dringend, Methoden zur Holzkohleeinsparung zu entwickeln. Das bisher angewandte wallonische Verfahren musste gründlich reformiert werden, um sich den wirtschaftlichen und sozialen Umwälzungen in den Eisenhütten anzupassen. Das neu entwickelte Verfahren fand in der ersten Hälfte des 19. Jahrhundert auch im übrigen Frankreich und im Ausland (z.B. Schweden und Russland) recht gut Verbreitung, da dessen Modernität und Effizienz auch gut den Bedürfnissen der Eisenwerke nach besseren Arbeitsstrukturen entsprach.

Riassunto
Il processo di affinaggio del ferro della Franca Contea fu messo a o punto nel corso del XVIII secolo. Apparve in un momento in cui le economie del carbone di legna divennero urgenti ma ugualmente poiché il procedimento wallon finora utilizzato, dopo 3 secoli di impiego richiedeva delle reali modifiche, in considerazione dell’evoluzione economica e sociale delle forge. Se questa tecnica ebbe un tale successo in Francia e all’estero (Svezia e Russia particolarmente) nella prima metà del XIX secolo, dipende dalla sua modernità ed efficacia che permetteva una migliore gestione delle imprese siderurgiche, in un particolare momento della loro storia.


Daniel Curtit
De la montagne sous-vosgienne à la basse vallée de l’Ognon. Remarques buissonnières sur l’environnement proto-industriel de Montagney (XIXe siècle)

Résumé
Entre 1822, BenoÎt Fourneyron, installe une nouvelle usine sidérurgique à Pont-sur-l’Ognon (Haute-Saône). Face au médiocre rendement du moteur hydraulique, il expérimente la turbine à eau. En 1827, ses essais sont concluants. Peu après, il s’établit à Besançon et travaille à la construction de turbine qui sont installées dans de nombreuses usines en France et en Europe.
Cette invention qui se développe en Franche-Comté illustre bien les efforts faits à cette période dans le domaine de l’innovation technique alors que la sidérurgie est en pleine mutation.

Zusammenfassung
Im Jahre 1822 gründet Benoît Fourneyron bei Pont-sur-l’Ognon (Haute-Saône) ein neues Eisenwerk. Wegen des geringen Ertrages des Wasserantriebes experimentiert er mit Wasserturbinen. 1827 sind seine Versuche erfolgreich. Kurz danach lässt er sich in Besançon nieder und baut Turbinen, die in vielen Werken Frankreichs und Europas eingebaut werden.
Diese in der Freigrafschaft entwickelte Erfindung ist bezeichnend für das damalige Bemühungen um technische Innovation in einem voll in Umwandlung stehenden Eisenproduktiongebiet.

Riassunto
Nel 1822 Benoît Fourneyron installa una nuova officina siderurgica a Pont-sur-l’Ognon (Haute-Saône). Confrontato con il mediocre rendimento del motore idraulico, egli sperimenta la turbina ad acqua, che mette a punto nel 1827. Dopo essersi stabilito a Besançon, lavora alla costruzione di turbine che vengono installate in numerose officine in Francia e in Europa. Questa invenzione, sviluppata nella Francia-Contea, testimonia gli sforzi fatti in quel periodo nel campo delle innovazioni tecniche, al momento della grande trasformazione dell’industria siderurgica.


Marie-Jeanne Giet
La forge de Montagney : Un modèle d’architecture industrielle

Résumé
L’établissement métallurgique de Montagney est exceptionnel par la cohérence de son architecture et son bon état de conservation. Les bâtiments ont été érigés au début du XIXe siècle (demande d’autorisation de 1812). Le relevé du cadastre de 1832 montre l’organisation au moment du plein développement de l’entreprise. Les matériaux et les techniques de construction sont fidèles aux traditions régionales. La pente assez forte est utilisée pour faciliter les circulations tout en reflétant la hiérarchie sociale.

Zusammenfassung
Der Gebäudekomplex des Eisenwerkes von Montagney ist aussergewöhnlich durch den Zusammenhang seiner Architektur und seines Erhaltungszustand. Die Gebäude wurden zu Beginn des 19. Jahrhunderts errichtet (Genehmigung von 1812). Das Kataster von 1832 zeigt den Zustand des Werkes in voller Blüte. Materialien und Bautechniken entsprechen der örtlichen Tradition.

Riassunto
Lo stabilimento metallurgico di Montagney rappresenta un caso eccezionale di coerenza architettonica e di stato di conservazione. Le costruzioni sono state edificate all’inizio del XIX secolo (domanda di concessione del 1812). Il rilievo catastale del 1832 mostra l’organizzazione al momento del massimo sviluppo dell’impresa. I materiali e le tecniche di costruzione sono fedeli alla tradizione regionale.


Louis Ucciani
Charles Fourier ou les prémisses d’un monde à venir

Résumé
Au début du XIXe siècle, le franc-comtois Charles Fourier fut l’instigateur d’un mouvement de pensée. Voyant dans les inégalités sociales et les souffrances de ses contemporains le résultat de la civilisation, c’est-à-dire du mode d’organisation du monde, il propose un changement radical, un monde où les passions ne seraient pas entravées mais s’exprimeraient librement. Pour lui, c’est la réalisation de l’individu qui permet la réalisation du monde et non l’inverse. A Condé-sur-Vesgre, on mettra en chantier «une colonie sociale». Fourier ne parvient pas à s’entendre avec l’architecte désigné et renie le projet qui, faute de moyens, sera finalement abandonné.

Zusammenfassung
Zu Beginn des 19. Jahrhundert gründet der Freigrafschäftler Charles Fourier eine neue Denkbewegung. Da er den Ursprung der sozialen Ungleichheiten und der Leiden seiner Zeitgenossen in der Zivilisation sieht, also in der Weltordnung, schlägt er einen radikalen Wechsel vor, nämlich eine Weltordnung, in der die Gemütsbewegungen nicht verboten, sondern frei ausgelebt werden. Er sieht in der Verwirklichung des Individuums eine Möglichkeit zur Realisierung der Weltordnung, und nicht im Gegenteil. In Condé-sur-Vesgre soll seine «Sozialkolonie» aufgebaut werden. Fourier kann sich nicht mit dem vorgeschlagenen Architekten einigen und verwirft das Projekt, das aus Mangel an Mitteln schliesslich aufgegeben wird.

Riassunto
All’inizio del XIX secolo il cittadino della Franca Contea Charles Fourier fu l’istigatore di un movimento di pensiero. La vista delle ineguaglianze sociali e delle sofferenze dei suoi contemporanei come risultato della civilizzazione e dell’organizzazione del mondo moderno, lo indusse a proporre un cambiamento radicale del modo di vita nel quale le passioni non fossero represse ma liberamente espresse. Per Fourier la realizzazione dell’individuo permette la realizzazione del mondo e non l’opposto. A Condé -sur-Vesges mise in cantiere una «colonia sociale» ma Fourier non raggiunse un’intesa con l’architetto designato e rinunciò al progetto che, a seguito della scarsità di mezzi, venne definitivamente abbandonato.


Jean-Claude Dubos
Deux femmes de lettres comtoises nées aux forges de Montagney : Clarisse Vigoureux (1789–1865) et Clarisse Coignet (1823–1918)

Résumé
Clarisse Vigoureux est née le 11 juin 1789 aux Forges de Montagney dont son père, Nicolas Gauthier, était le directeur. Mais en 1791, Nicolas Gauthier quitte Montagney pour Larians et c’est là que s’écoule son enfance.
En 1808, elle épouse François Vigoureux et en a trois enfants dont Julie, future épouse de Victor Considerant. Veuve en 1817, à partir de 1820, elle revient passer l’automne à Montagney dont son frère Joseph est devenu directeur. Elle y rencontre Just Muiron, ami de son frère qui l’initie au Fouriérisme.
Devenue la première disciple féminine de Charles Fourier, elle participe en 1832 à la création d’un journal fouriériste, le Phalanstère et publie en 1834 Parole de Providence, réponse fouriériste aux Paroles d’un Croyant de Lamennais. Mais après le mariage de sa fille avec Considerant en février 1838, elle vit désormais à l’ombre de celui-ci qu’elle accompagne en exil en Belgique (1849) puis au Texas (1855) où elle meurt le 13 janvier 1865.
Sa nièce, Clarisse Coignet, fille de Joseph Gauthier, née elle aussi à Montagney le 14 novembre 1823 y passa toute sa jeunesse jusqu’à la faillite de son père en 1841. Mariée à l’industriel fouriériste François Coignet (1814-1888) inventeur du béton aggloméré, elle collabora aux revues La Morale Indépendante et la Revue Bleue et publia de nombreux ouvrages dont un Cours de morale laïque et De l’éducation dans la démocratie. Mais le plus intéressant reste ses Mémoires, publiées hors commerce de 1899 à 1904. Elle est morte à 95 ans en 1918.

Zusammenfassung
Clarisse Vigoureux kommt am 11. Juni 1789 als Tochter des Direktors des Eisenwerkes Montagney, Nicolas Gauthier, zur Welt. Aber Nicolas Gauthier verlässt 1791 Montagney und zieht nach Larians, wo Clarisse ihre Kindheit verlebt. 1808 heiratet sie François Vigoureux, dem sie drei Kinder schenkt. Eines, Julie, wird die zukünftige Frau von Victor Considerant. Bereits 1817 verliert Clarisse Vigoureux den Mann und kommt als Witwe nach 1820 jeden Herbst nach Montagney, wo ihr Bruder Joseph Direktor geworden ist. Dort begegnet ihr Just Muiron, Freund des Bruders, der sie in die Gedankenwelt des Fourierismus einweiht. Als erste weibliche Anhängerin von Charles Fourier beteiligt sie sich 1832 bei der Gründung der Fourieristischen Zeitung Le Phalanstère und veröffentlicht 1834 Parole de Providence als fourieristische Erwiderung auf die Paroles d’un Croyant von Lamennais. Nach der Heirat ihrer Tochter mit Considerant im Februar 1838 lebt sie nunmehr im Schatten dieses Mannes, den sie ins Exil zuerst nach Belgien (1849) und später nach Texas (1855) begleitet, wo sie am 13. Januar 1865 stirbt.
Ihre Nichte Clarisse Coignet, Tochter von Joseph Gauthier, kommt am 14. November 1823 in Montagney zur Welt und verbringt dort ihre Jugend, bis zum Bankrott ihres Vaters im Jahre 1841. Sie heiratet den fourieristisch gesinnten Industriellen François Coignet (1814-1888), den Erfinder des Betonagglomerats . Sie veröffentlicht verschiedene Beiträge in den Zeitschriften La Morale Indépendante und La Revue Bleue, und schreibt zahlreiche Bücher, davon einen Cours de morale laïque und De l’éducation dans la démocratie. Das interessanteste Werk aber sind ihre Mémoires, die sie von 1889 bis 1904 im Selbstverlag herausgibt. Sie stirbt im Alter von 95 Jahren 1918.

Riassunto
Clarisse Vigoureux è nata l’11 giugno 1789 alla Forgia di Montagney dove suo padre, Nicolas Gauthier, era il direttore. Nel 1791 Nicolas Gauthier lascia Montagney per Larians, dove trascorre la sua infanzia. Nel 1808 sposa François Vigoureux e dall’unione nascono tre figli fra cui Julie, futura sposa di Victor Considerant. Vedova nel 1817, a partire dal 1820 Clarisse trascorre l’autunno a Montagney dove suo fratello Joseph è diventato direttore. Ella incontra Just Muiron, amico di suo fratello, che la inizia al «fourierismo». Divenuta il primo discepolo femminile di Charles Fourier, Clarisse partecipa nel 1832 aklla creazione del giornale «fourierista», il Phalanstère e pubblica nel 1834 «Parole de Providence», risposta «fourierista» alle «Paroles d’un Croyant Lamennais». Ma, dopo il matrimonio di sua figlia con Considerant nel febbraio del 1838, Clarisse vive ormai nell’ombra di colui che lei accompagna in Belgio (1849) poi in Texas (1855) dove muore il 13 gennaio 1865.
Sua nipote, Clarisse Coignet figlia di Joseph Gauthier, pure lei nata a Montagney il 14 novembre 1823 vi trascorre tutta la giovinezza fino al fallimento del padre avevnuto nel 1841. Sposata all’industriale «fourierista» François Coignet (1814-1888) inventore del beton agglomerato, collabora alla rivista «La Morale Indépendante» e alla «Revue Bleue» e pubblica numerose opere fra cui un corso di morale laica e di educazione nella democrazia. Mai il più interessante restano le sue memorie pubblicate fuori commercio dal 1899 al 1904. Clarisse Coignet è morta a 95 anni nel 1918.


Pierre Sonet
La métallurgie du fer dans le bassin de l’Ognon et la fabrication des fourneaux comtois en fonte

Résumé
Disposant d’immenses forêts et de minerai de fer en abondance, le bassin de l’Ognon a été, dès le 16e siècle, un centre important et diversifié de production sidérurgique : fabrications de guerre, fer forgé, fontes moulées en tous genres, taques de cheminées, fer-blanc. Mais, n’ayant pas su négocier à temps le virage technologique de la fonte au coke au début du 19e siècle, la sidérurgie régionale n’a pas pu résister à la concurrence et a rapidement décliné. Le créneau très spécialisé des fourneaux comtois en fonte aura toutefois permis aux fonderies de seconde fusion de maintenir une certaine activité jusqu’au milieu du 20e siècle.

Zusammenfassung
Dank seiner riesigen Wälder und seines Eisenerzreichtums war das Ognon-Tal seit dem 16. Jahrhundert ein wichtiges und vielseitiges Zentrum der Eisenproduktion: Kriegsbedarf, Schmiedeeisen, Gusseisen aller Formen, Kaminplatten, Klempnereien. Aber die örtlichen Eisenwerke konnten sich zu Beginn des 19. Jahrhunderts nicht rechtzeitig an die neue Technik des Koksschmelzens anpassen, sodass sie der Konkurrenz nicht mehr gewachsen waren und schnell ausscheiden musste. Allein die sehr spezialisierte Produktion von gusseisernen Öfen aus der Franche-Comté erlaubte es den Schmelzen, noch bis in die Mitte des 20. Jahrhunderts einigermassen konkurrenzfähig zu bleiben.

Riassunto
A seguito della grande disponibilità di minerale di ferro e della presenza d’immense foreste, il bacino dell’Ognon è stato, fin dal 16° secolo, un importante e diversificato centro di produzione siderurgica: produzione di armi, ferro forgiato, ghisa fusa di tutti i tipi, piastre di camino, ferro-bianco. Non avendo però saputo adattarsi per tempo ai cambiamenti tecnologici dell’inizio del 19° secolo, la siderurgia regionale non ha potuto resistere alla concorrenza ed è rapidamente declinata. La posizione molto specializzata dei forni per ghisa della Franca Contea permetterà tuttavia alle fonderie di rifusione, di mantenere una certa attività fino alla metà del 20° secolo.


André Buffard
Que reste-t-il de la métallurgie dans notre région ?

Résumé
La Haute-Saône fut, au XVIIIe siècle une des principales régions productrices de fer en France. Quelques entreprises modernes, dont les origines remontent souvent à plusieurs siècles, perpétuent la tradition et innovent dans ce domaine.

Zusammenfassung
Das Département de Haute-Saône war im 18. Jahrhundert eines der wichtigsten Eisenproduktionsgebiete Frankreichs. Einige moderne Unternehmen, deren Ursprung oft mehrere Jahrhunderte zurück reicht, yyhalten die Tradition aufrecht und bleiben dank der Einführung von Neuerungen überlebensfähig.

Riassunto
Nel XVIII secolo Haute-Saône fu una delle principali regioni di produzione del ferro in Francia. Attualmente qualche impresa moderna, le cui origini risultano sovente vecchie di molti secoli, perpetuano la tradizione e le innovazioni in questo campo.

 

Minaria Titelseite